sábado, 7 de noviembre de 2009

Arthur Rimbaud y Díez Canedo 8


Le dormeur du val

C'est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine,
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

ARTHUR RIMBAUD


Un sueño en el valle

Un hueco verde, un hilo cantarín de agua clara
Que andrajos argentinos entre las hierbas prende
Loco: en ellos el sol del monte altivo esplende;
Y es como un vallecillo que en rayos espumara.

Un soldado reposa, boquiabierto, desnuda
La cabeza, entre berros azules extendido;
Muy pálido, en la hierba mojada se ha dormido,
Y la luz llueve sobre su verde lecho, cruda.

Entre las espadañas tiene los pies. Risueño,
Como enfermizo infante, duerme plácido sueño.
¡Naturaleza, mécele con calor! Está helado.

Su nariz el perfume de los campos no aspira.
Con la mano en el pecho, duerme al sol. No respira.
Tiene dos agujeros rojos en un costado.

ENRIQUE DÍEZ CANEDO

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